Fedez et l’audio, le psychologue prend la parole : polémiques hors des lieux

Ci-dessous, l’avis du Dr Lors Pinzani, spécialiste en psychologie clinique, publié sur FirenzeToday.it:

Le chanteur Fedez, fraîchement sorti de chirurgie pancréatique, publie l’audio d’une partie de sa séance par le psychologue tout en exprimant au thérapeute la terreur due à la peur d’abandonner la vie. C’est une peur spontanée, qui dans l’enregistrement s’exprime dans une peur instinctive : ne pas rester dans la tête de ses enfants. C’est une peur authentique, souvent entendue en séance. Une terreur certes humaine qui humanise ceux qui la vivent et redimensionne leur image : c’est inévitable, l’authenticité se lit chez ceux qui expriment une si grande souffrance. Quiconque aurait exprimé une telle terreur dans les larmes aurait suscité chez l’auditeur l’effet de se rendre semblable à n’importe qui d’autre. Il est naturel de s’identifier instinctivement à quelqu’un qui exprime une difficulté de cette ampleur, au point que l’ignorer demande même un effort. Puis, avec l’opération et la biopsie qui a suivi, tout s’est bien passé. Dès lors, Fedez a décidé de publier quelques secondes de sa séance pour exprimer une condition brûlante, celle de la peur de ne plus exister.

La méfiance générée à l’égard de son choix, quant à l’authenticité du sentiment exprimé, est déplacée. Les raisons tiennent au moins à deux facteurs : il est humain de transmettre une commotion de cette ampleur, c’est une forme de partage qui naît de la nécessité de la tolérer en l’exposant (étymologiquement, le mot émotion signifie l’exposer à l’extérieur) ; instinctivement, chaque individu émet des émotions, dont il pourrait partager l’intensité avec les autres. La seconde concerne le fait que quelle que soit la raison de l’extériorisation, c’est avant tout un être qui subit une peur intense et personne d’autre que lui n’a la propriété de ce qu’il ressent.

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Bien sûr, il est plus habitué que d’autres à s’exprimer devant un large public, peut-être cette aisance a-t-elle gêné quelqu’un qui n’en a pas autant ; mais en tout cas il a le droit de le faire. Son solde bancaire et combien il est difficile de tolérer l’impact du désespoir est un problème pour l’auditeur et comme c’est normal, il doit être toléré par l’auditeur. Chacun s’expose ou expose des parties de sa personne dans de nombreux moments de la vie, avec la possibilité de le faire dans les limites des coutumes sociales et de la pudeur. Des limites qui n’ont certainement pas été dépassées cette fois. On peut discuter de la logique d’enrichissement dans une société virtuelle et mondialisée, ou de l’importance (et pour qui) de prêter attention à l’exposition publique d’une famille de moins en moins privée, mais on ne peut pas établir quand et si quelqu’un peut ou non exposer un moment de désespoir. Il est certain que beaucoup se transporte dans la caravane du spectacle. Au point que l’émotion intense, de par sa nature forcément en partie privée, a subi une mutation, au point d’être extériorisée comme dans une émission de téléréalité. C’est un fait : le secteur privé est devenu public ou du moins « publiable », mais chacun décide pour lui-même, à travers des critères personnels, dus à sa propre histoire et à sa propre totalité. Si ce n’était pas le cas, il faudrait recommencer à décider pour beaucoup plus, moins vrai et plus instrumental que le cri d’un homme qui a peur de mourir et qui décide de divulguer ses larmes. Il lui appartient. Il serait intéressant de voir qui pourrait continuer à punir le public avec son image. Fedez ou n’importe qui d’autre a le droit de décider d’exposer la joie du salut ou le rire ou tout ce qu’il veut. On peut évaluer qui aurait fait la même chose ou qui serait resté plus privé, mais on ne peut empêcher personne de faire preuve d’une telle intensité. C’est un cri de vie légitimement lancé, à de nombreux followers, dont entre autres, je ne fais pas partie.

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